Dans le quartier d’Ainay, où les ruelles pavées donnent des allures de village en plein cœur de la Presqu’île lyonnaise, se cache une magnifique adresse : L’Hôtel de l’Abbaye. Ne vous fiez pas à ses quatre étoiles affichées sur la façade historique : ici, rien n’est guindé, froid ou réservé aux seuls touristes de passage.
Pensée comme une véritable maison de famille, cette bâtisse ouvre ses portes à tous les Lyonnais. Du premier café du matin jusqu’au dîner feutré, en passant par un parcours d’art contemporain inédit.
Rencontre avec un lieu singulier et son fondateur passionné, Arthur Laeuffer, qui redonne tout son sens à l’hospitalité de quartier et à cet établissement, face à la basilique Saint-Martin d’Ainay.

Une ancienne école métamorphosé en maison de famille
Avant de devenir ce cocon chaleureux, l’édifice a abrité un presbytère puis une école. Lorsqu’Arthur Laeuffer rachète les murs aux Hospices Civils de Lyon en 2017, le chantier est colossal et l’intérieur n’a plus rien de son éclat d’antan. Pourtant, la robustesse de la bâtisse, les statues des vierges de Fourvière sur la façade et le potentiel de ce lieu chargé de mémoire sont autant d’arguments pour redonner vie au lieu.
Issu du monde de la gestion et passé par les cuisines exigeantes du Luxembourg puis du prestigieux Clos des Sens à Annecy, Arthur nourrit depuis l’université une envie : créer un lieu d’accueil, loin des chaînes hôtelières standardisées. Entouré de ses proches, son père l’accompagne sur les chiffres, sa conjointe sur l’administratif, il façonne l’adresse pièce par pièce.

Ouvert en 2019, l’hôtel dévoile 21 chambres, dont 8 suites pensées pour les familles. On y croise aussi bien un hippopotame à bascule et des coloriages pour les enfants que des photographies d’ancêtres, des gravures anciennes et des meubles soigneusement chinés. Dès le pas de la porte, l’expérience est sensorielle : une fragrance douce et poudrée, spécialement imaginée pour les lieux par la maison locale Parfums Laugier, enveloppe les différentes pièces. Une signature délicate qui rappelle que l’adresse travaille main dans la main avec les artisans de la région.
Crédits photo : ©️Hotel de L’Abbaye
Le Café Basilic et le restaurant L’Artichaut : les nouveaux repaires du quartier
C’est l’un des grands atouts du lieu : vous n’avez absolument pas besoin de réserver une chambre pour vous installer dans les confortables fauteuils du rez-de-chaussée. Arthur a conçu les espaces communs comme un prolongement naturel du quartier.
Ouvert 7 jours sur 7, le Café Basilic s’est vite imposé comme le spot idéal pour une pause au calme, un apéro entre amies ou un goûter réconfortant. Côté comptoir, on vient chercher la douceur avec une sélection de gâteaux maison renouvelés quotidiennement, un chaï latte réconfortant l’hiver ou un café glacé désaltérant aux beaux jours. En fin d’après-midi, le lieu s’adapte : les planches apéritives s’invitent sur les tables, accompagnées de cocktails à savourer en terrasse.
Crédits photo : ©️Hotel de L’Abbaye
Le restaurant l’Artichaut à Ainay, Lyon
L’atmosphère se fait plus intimiste pour accueillir L’Artichaut, la table bistronomique de l’établissement. Le nom est un clin d’œil architectural aux façades d’inspirations italiennes du bâtiment. Le restaurant séduit autant par son décor soigné, sublimé par les étoffes de la maison lyonnaise Brunel Tissus, des œuvres aux murs, que par son approche culinaire engagée. La carte privilégie les circuits courts avec des assiettes fraîches, créatives et de saison (mention spéciale pour la formule déjeuner accessible autour de 19€).

S’il est parfois difficile pour un restaurant d’hôtel d’attirer une clientèle locale, L’Artichaut a relevé le pari pour devenir une belle adresse incontournable de la Presqu’île. La table se distingue par un cadre intime et une atmosphère feutrée pour le diner. L’accueil chaleureux, l’équipe aux petits soins et le calme ambiant sont appréciables.
Dans l’assiette, on découvre une véritable cuisine bistronomique : la carte est volontairement courte pour garantir la fraîcheur des produits de saison. Le chef travaille avec précision les cuissons, les jus et les assaisonnements pour offrir des plats raffinés et créatifs, incluant toujours une option végétarienne. Le tout s’accompagne d’une très belle sélection de vins.
Crédits photo : ©️Sophie Duarte – Girls Take Lyon
J’ai apprécié le repas, en commençant par l’amuse-bouche, alléchante, elle illustre parfaitement ce qui nous attend. Entrées et plats sont gourmands et généreux, toujours élaborés avec des ingrédients surprenants, même le pain est un délice. Les desserts restent plus légers et satisferont les envies de douceurs en fin de repas pour les becs sucrés.
Cette parenthèse gourmande a bel et bien trouvé sa place dans le cœur des épicuriens lyonnais. Une adresse généreuse qui prouve qu’un restaurant d’hôtel peut devenir une véritable pépite pour les locaux.

Crédits photo : ©️Sophie Duarte – Girls Take Lyon
« Émerveillements » : quand l’art contemporain s’invite à table, au salon et dans les chambres
Au-delà de la table et du café, l’Hôtel de l’Abbaye se distingue par une démarche culturelle audacieuse. Pas question ici d’accrocher de simples tableaux décoratifs : Arthur Laeuffer, collectionneur dans l’âme, a souhaité supprimer la frontière parfois intimidante des musées traditionnels ou des galeries d’art. Associé au galeriste lyonnais Alexis Platini, il invite la création contemporaine à habiter les lieux, sans vitrines ni cordons de sécurité.
Intitulé « Émerveillements » (du 19 septembre au 13 décembre 2026), le parcours fait directement écho à la Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Tout au long de la déambulation, l’art s’invite partout. Dès l’entrée, on tombe nez-à-nez avec un lion, impressionnant, une sculpture taillée à la tronçonneuse !

Au Café Basilic, on lève les yeux vers les magnifiques sculptures et collection de gravures et toiles aux murs. Au restaurant l’Artichaut, les sculptures en bronze de Pierre Voituriez (Hase You Wish, Faux Départ) et les œuvres de Kymia (La Madeleine de Proust) ponctuent les tables.
Dans les escaliers et les couloirs, on trouve des portraits familiales, les sculptures de Sophie Verger (Colonne d’Ours aux Trois Ballons), les bronzes délicats de BERIT et de Valérie Hadida.

Il y a dans les choix, une volonté de mêler les matières anciennes du bâtiment et les formes contemporaines. Un nouvel accrochage thématique sera proposé tous les six mois. Objectif : faire vivre l’art dans un lieu ouvert à tous.
Crédits photo : ©️Sophie Duarte – Girls Take Lyon
Informations pratiques – Hôtel de l’Abbaye à Lyon
Adresse : 20 rue de l’Abbaye d’Ainay, 69002 Lyon. Quartier Presqu’île – Ainay.
Métro ligne A, arrêt Ampère – Victor Hugo.
Horaires :
Le Café Basilic / Ouvert 7 jours sur 7, du matin jusqu’en soirée. À la carte : Petit-déjeuner, pauses gourmandes avec une sélection de gâteaux maison, boissons de saison (chaï latte, café glacé) et afterwork avec planches à partager. Entrée libre sans réservation.
Le restaurant bistronomique L’Artichaut / Ouvert pour le déjeuner et le dîner.
Tarifs : Formule déjeuner accessible autour de 19€. Menu plus élaboré le soir avec des plats qui varient entre 24 € et 36 €. Un menu dégustation en six services est également proposé autour de 70 €.Réservation conseillée.
Parcours artistique « Émerveillements » : du 19 septembre au 13 décembre 2026, en résonance avec la Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Œuvres visibles librement au sein des espaces de vie de l’hôtel (Café Basilic, L’Artichaut, hall et escaliers).
Réservations : site web, hotelabbayelyon.com.

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