Je reviens tout juste d’une incroyable aventure dans l’Ain. 3 jours de randonnée dans l’Ain. Sur les sentiers de la Grande Traversée du Jura (ou « GTJ » pour les connaisseurs). Une micro-aventure au départ de Lyon, accessible en train, pour une immersion nature totale et une déconnexion assurée.
Que vous soyez débutant.e.s ou déjà expert.e.s, la GTJ est un parfait terrain de jeu au départ de Lyon ! A pied ou en vélo, en linéaire ou en boucle, de quelques jours à plusieurs semaines, accessible en transport en commun ou non… Elle offre plein de variantes. Une offre d’itinérance, ultra modulable, accessible à tous les profils, et praticables en toutes les saisons.
➡ N’hésitez pas à consulter nos autres idées d’escapades dans l’Ain.
La Grande Traversée du Jura, c’est quoi ?
La GTJ voit le jour en 1978. A l’origine, elle est créée comme un parcours de 180 km, pour relier des villages du Haut-Doubs à ceux de l’Ain par une trace de ski de fond. L’itinéraire pédestre de la GTJ est quant à lui lancé en 2004. Il s’étend aujourd’hui sur 403 km. De Mandeure dans le Doubs, à Culoz dans l’Ain. En traversant 3 départements (Doubs, Jura et Ain), le parc naturel régional du Doubs Horloger, et l’intégralité du parc naturel régional du Haut-Jura.
On parle d’ailleurs maintenant « des » Grandes Traversées du Jura car ce sont désormais 7 itinéraires distincts qui sont accessibles via 7 pratiques différentes : à pieds, VTT, vélo, gravel, ski de fond, raquettes, et ski de randonnée.
Avec près de 150 hébergements et un ensemble de commerces adhérents à l’association des Grandes traversées du Jura, on trouve en chemin tout ce qu’il faut pour dormir, manger et se ravitailler !

Prévoir son itinérance sur la Grande Traversée du Jura depuis Lyon
Il est tout à fait possible de venir sur la GTJ en transport en commun ! De Lyon, visez les gares de Tenay, Culoz ou Bellegarde-sur-Valserine accessibles en train en 1h à 1h30.
Pour planifier votre parcours, n’hésitez pas à utiliser le calculateur d’étapes de la GTJ. Nous avions de notre côté prévu 15-25 km par jours, que nous avons trouvé un bon compromis pour se préserver et tenir sur la distance ! L’association GTJ peut vous guider dans votre préparation, mais ils ne sont pas organisateurs de séjour (des partenaires professionnels, adhérents à l’association GTJ, font en revanche cela !).
- Le Grand Tour de la Valserine (boucle de 5 jours)
- La traversée du Bugey par le Grand Colombier (linéaire de 3 jours)
Les hébergements disponibles le long des parcours sont référencés sur le site de la GTJ. Le bivouac est autorisé le long de la GTJ mais il est réglementé dans certaines zones protégées. Renseignez-vous ici.

Mes 3 jours de randonnée sur la GTJ
- Jour 1 : Bellegarde-sur-Valserine gare > Ferme du Retord (par La Charnay) – 13.3 km (D+ 916m / D- 25m)
- Jour 2 : Ferme du Retord > Chalet d’Arvière – 22.1 km (D+ 577m / D- 636m)
- Jour 3 : Chalet Arvière > Culoz gare – 18.1 km (D+ 455m / D- 1422m)
Bon à savoir : Pas de poubelle, ni de point d’eau sur ce parcours. Donc prévoir de quoi stocker vos déchets et des gourdes de grande contenance.
Jour 1 sur la GTJ : de Bellegarde-sur-Valserine à la Ferme du Retord
En partant de la gare de Bellegarde-sur-Valserine vers 12h, on sort très rapidement de la ville. On se retrouve alors vite seul.e.s sur la route qui devient un chemin à partir d’Ochiaz. On fait ici une pause pique-nique délicieusement concocté par Bloom Traiteur (dont on vous parlait dans cet article).
Le parcours est très bien indiqué (dès la gare). Le dénivelé est bien réparti car je ne vois pas passer les 900D+, les kilomètres et le temps sur cette première journée ! La fin du parcours sur le Plateau du Retord, s’effectue avec une belle vue sur la chaîne des Alpes et le Mont-Blanc.
La Ferme du Retord
Nous sommes accueillies à la Ferme de Retord par Jérémi et Charlotte vers 17h. Ils ont repris la gérance de la ferme il y a 3 ans (elle était déjà dans la famille de Jérémi auparavant). Je n’ai pas osé leur demander leur âge, mais chapeau à eux de gérer aussi bien cette adresse !
Cette ferme, datant de 1840, peut recevoir une trentaine de pensionnaires. N’étant pas (encore) une grande habituée des itinérances et des dortoirs de refuges, j’ai apprécié l’intimité de ses cabines à 1 ou 2 personnes. La bonne douche chaude à notre arrivée a également fait le plus grand bien. Une eau qui est d’ailleurs précieuse, car issue de la récupération des eaux de pluie, et qui alimentent la ferme toute l’année !
Côté cuisine, la ferme propose des repas sur réservation le midi et le soir. Une cuisine généreuse et réconfortante à savourer dans ce lieu qui se prête très bien aux rencontres, échanges, et aux grandes tablées. Avec la formule pique-nique, vous pourrez même constituer votre propre casse-croûte à partir d’un grand buffet de produits locaux choisis avec soin par Charlotte et Jérémi.
Une salle hors sac est sinon accessible à 2€ (avec accès aux toilettes). Et même pour les adeptes du bivouac, il est tout à fait possible de planter votre tente dehors, tout en bénéficiant des sanitaires et de la cuisine (5€).
Bref, une offre ultra inclusive qui montre la volonté de Jérémi et Charlotte de faire passer à tous les types de visiteurs une belle expérience sur le Plateau du Retord.
Infos pratiques Ferme du Retord
- Toutes les infos (tarifs, contact)
- Ouverture presque toute l’année.
- Un dortoir de 7 places, 9 cabines de 2 places et 3 cabines de 1 place. Possibilité de privatisation.
- Réservation fortement recommandée pour repas et nuitée.
- Prévoir sac à viande, serviette de toilette/savon, chaussures propres/chaussons et de repartir avec vos déchets.
Jour 2 sur la GTJ : sur le plateau du Retord jusqu’au Chalet d’Arvière
A peine reparties de la Ferme du Retord, nous nous émerveillons déjà des jonquilles, crocus et dent de chien (ou « érythrone ») qui nous entourent (Les narcisses sont quand à elles un peu plus tardives. Mais sont également très réputées et admirées sur le plateau). On traverse combes, pâturages, et forêts, en passant par un point de vue au Crêt du Nû. Pas de difficulté particulière sur cette journée hormis la longueur (25 km à notre montre).
Le Chalet d’Arvière
Nous avions en effet tellement hâte de découvrir le chalet d’Arvière que, ce jour-ci, les derniers kilomètres nous ont paru longs !
Niché au cœur du massif du Grand Colombier, on finit finalement par l’apercevoir. Perché à 1200 m d’altitude, sur le site historique des ruines de la Chartreuse d’Arvière, sa situation est assez magique, et chargée d’histoire. Encore baigné de lumière en cette fin de journée, avec sa vue dégagée sur la forêt et les alpages, pas un bruit à part ceux de la nature. On se sent isolée de tout, incitée à ralentir, et invitée à la contemplation. On sent tout de suite qu’on va adorer.
Tout comme les chartreux qui exploitaient du XIIe siècle à la révolution française leurs jardins et potagers, Stève puise son inspiration et ses ingrédients dans la nature. Ce cuisinier de métier, passionné des plantes sauvages, s’est ensuite formé en éthno-botanique et naturopathie pour en faire une vraie philosophie de vie.
Chaque jour, il cueille plantes sauvages dans la nature, et aromatiques, fleurs comestibles et légumes dans son potager. Ail des ours, consoude, ortie, romarin, cynorrhodon, transformés en élixir de bourgeons, sirop, coulis, kéfir, … et même burger végétal (sa signature) ! Au cours de notre dîner, on découvre plein de variété de plantes et de saveurs. Bercées par une petite musique zen, on est sur un petit nuage !
Le lendemain, on dort tellement bien que c’est le réveil qui nous tire du lit. Mais, ça vaut le coup lorsque nous découvrons le superbe petit-déjeuner qui nous attend ! De quoi prendre des forces pour la dernière journée de marche qui nous attend.
Plusieurs randonnées à la journée possibles au départ ou en passant par le chalet. Sur AinOutdoor ici et là, sentier des Chartreux, ou jusqu’au Grand Colombier.
Bref, une parenthèse reposante et ressourçante, d’où nos corps et esprits repartent bien nourris.
Infos pratiques Chalet d’Arvière
- Toutes les infos ici.
- Ouvert de fin avril à mi-octobre, puis de début janvier à mi-mars. En dehors de ces périodes, il est possible de louer le gîte entier en gestion libre.
- Hébergement pour 14 personnes (2 chambres triple, 3 chambres double en lits simple et 1 chambre lit double).
- Stève propose également une option bivouac et des ateliers cueillette et cuisine de plantes (qu’on testerait bien également – on se le note pour une prochaine visite !).
- Pour accéder au chalet en voiture, n’hésitez pas à appeler Stève pour qu’il vous guide. 😉
Jour 3 sur la GTJ : Randonnée jusqu’au Grand Colombier et descente vers Culoz
On quitte le chalet d’Arvière avec la visite de chamois en guise d’aux-revoirs ! Comme pour nous accompagner à reprendre le chemin de la forêt… On grimpe progressivement vers le Grand Colombier, non sans une certaine émotion de se retrouver sur le petit point que nous pointions du doigt 2 jours plus tôt et qui nous paraissait si loin !
Au sommet de ce point culminant du Bugey (1531 m), on découvre une vue panoramique, à 360°, sur la chaîne des Alpes, le Mont-Blanc, le lac du Bourget, le Rhône et le Bugey.
Il est ensuite temps d’entamer la dernière partie du parcours : la descente vers la gare de Culoz. Et avec ses 10km, ce n’est pas une portion à négliger. La descente est plutôt « roulante » et peu technique, mais elle nous a paru très très longue après plus de 50km dans les jambes !
Ne manquez pas en descendant de faire un petit arrêt au Belvédère du Fenestrez. Je ne m’attendais pas à trouver de tels point de vue et couleurs en chemin ! J’ai trouvé un petit côté « îles » à ce paysage.
Plusieurs trains repartent de Culoz ce jour-ci. Donc plutôt pratique et rassurant de savoir que nous avons plusieurs options pour revenir sur Lyon.
Nous atteignons finalement la gare de Culoz vers 16h30. Très fières de notre parcours. Presque « reposées » par ce grand bol d’air, cette déconnexion et cette coupure des réseaux et de la ville. Bref, comblées par les rencontres, les expériences et les belles images offertes en chemin !
Crédit photos : Girls Take Lyon
Reportage réalisé en partenariat avec Ain Tourisme, un grand merci à Florence Béréziat et à tous les partenaires qui nous ont reçues. Merci également à Lydia Berthomieu de l’association Grande Traversée du Jura pour son aide dans l’élaboration de notre parcours.
J’espère que cet article vous aura donné envie de vous lancer sur une des GTJ : à pied, en linéaire ou en boucle, de quelques jours à plusieurs semaines !


















