On a tous eu ce réflexe dominical un peu cliché, mais dépaysant : un rayon de soleil, une envie de galette au sucre, et nous voilà direction Pérouges. Pour être honnête, je n’avais jamais pris le temps d’en savoir plus sur l’histoire de cette cité médiévale de plus de 500 ans, pourtant classée parmi les Plus Beaux Villages de France, ni d’en explorer ses abords.
J’ai récemment redécouvert Pérouges sous un angle inédit. Résultat ? L’Ain regorge d’idées de sorties et d’expériences culturelles à deux pas de Lyon pour s’offrir un week-end prolongé ou une vraie parenthèse créative.
Alors oui, j’ai évidemment succombé à la tradition de la galette, mais j’ai surtout poussé la porte d’un atelier de maroquinerie d’exception, dormi dans une suite design nichée dans les vieilles pierres et expérimenté une visite guidée riche en secrets d’Histoire.
Des poissons de la Dombes aux mains d’Amarande
Amarande dans son atelier – ©️Girls Take Lyon
C’est mon immense coup de cœur de ce séjour. Le genre de rencontre authentique qui donne tout son sens à notre démarche média chez Girls Take Lyon.
Niché dans son jardin à Meximieux, aux portes de la cité, l’atelier d’Amarande est un havre créatif, surveillé de près par deux petits chiens absolument adorables.

Autodidacte talentueuse depuis 2014, Amarande est aujourd’hui Maître Artisane Maroquinière. Formée auprès d’un ancien artisan de la maison Hermès, elle est également présidente de la section métiers d’art de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes. Elle s’est prise de passion pour les cuirs dit « hors norme ». Depuis 11 ans, elle a bâti sa notoriété en utilisant et transformant des peaux locales insolites : de la carpe de la Dombes, de la truite de l’Isère, de l’esturgeon ou encore de l’autruche du Cantal. Résultat ? Des cuirs aux textures graphiques et aux reliefs uniques, qu’elle sublime en pièces de haute maroquinerie.

L’expérience testée : Amarande ouvre son atelier à des petits groupes (7 personnes maximum). Pendant quelques heures, on apprend à manier le gabarit, la lame, à parer le cuir. C’est un moment de déconnexion total et même de relaxation, qui demande de la concentration tout en réveillant la créativité. On repart fièrement avec notre porte-clé et notre bracelet fabriqués de nos propres mains. Une idée d’activité parfaite à s’offrir ou à offrir.

Quand on interroge Amarande sur la différence technique par rapport à un cuir classique, la réponse surprend. La structure cellulaire d’une peau de poisson est croisée, ce qui la rend extrêmement résistante malgré sa finesse. Le vrai défi réside dans la petite taille des peaux, exigeant une précision chirurgicale au millimètre près. Pour le reste, le savoir-faire demeure fidèle aux gestes traditionnels de la grande maroquinerie.
Découvrir l’atelier et l’univers d’Amarande
Le Pérouges secret : Histoire, musée et fun facts
J’imaginais un peu l’histoire du village, mais j’avais tout faux ! Il ne faut pas se fier à l’architecture actuelle ni aux ruelles pavées : leur aspect d’aujourd’hui est en réalité assez récent.
Accompagnés d’une guide passionnée de l’Office de Tourisme, nous avons plongé dans le passé de cette ancienne place forte stratégique, disputée durant la guerre de Cent Ans entre le Dauphiné et la Savoie.
Née de la fureur d’un dragon terrassé par Saint Georges selon la légende locale, Pérouges fut avant tout une citadelle imprenable savoyarde. Si elle a été bâtie avec les galets ronds pêchés directement dans la rivière de l’Ain, sachez qu’au Moyen-Âge, les rues n’étaient pas encore pavées !
Saviez-vous qu’avant d’être française en 1600, Pérouges était une étape savoyarde cruciale vers la Suisse ? Ou que les murs intérieurs de son incroyable église-forteresse avaient été construit entre 1420 et 1480 avec des meurtrières pour les rendre imprenable ? Un détail rare pour un lieu de culte ! À l’intérieur, les murs étaient entièrement peints de scènes de la Bible, aujourd’hui malheureusement disparues sous un enduit de ciment.
En arpentant la rue principale où s’activaient autrefois les bouchers et les précieux tisserands de chanvre (la grande richesse médiévale, quand le village comptait 500 habitants contre une soixantaine aujourd’hui), la guide nous a dévoilé quelques anecdotes :
- La devise d’acier : en 1468, à la suite d’un siège héroïque victorieux, la ville a gravé dans la pierre une inscription cinglante humiliant les « bougres de Dauphinois » incapables de la conquérir.
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La Porte d’en Haut : c’est le seul vestige du château défensif d’origine. C’est de là qu’on jetait de la poix, résine brûlante et collante que les habitants jetaient depuis la Porte d’en Haut sur les assaillants !
- La mamie qui cachait un trésor : sous l’Ancien Régime, la gabelle (l’impôt sur le sel) était si conséquent que le sel était devenu un bien précieux qu’il fallait rationner et parfois cacher aux yeux des gabelous (agents chargés de percevoir l’impôt). Pour déjouer les perquisitions, les habitants ont eu l’idée de fabriquer un meuble deux-en-un : une chaise-coffre. Lors de la venue des contrôleurs royaux, on y faisait asseoir la grand-mère de la maison, dont la longue robe ample recouvrait entièrement le bas du siège. Par courtoisie ou retenue, les gabelous ne la faisaient jamais lever, laissant le précieux trésor camouflé !
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Le Sauvetage : après un terrible déclin au 19e siècle dû au tracé du chemin de fer qui l’a contournée au profit de Meximieux, la cité ne comptait plus que 10 habitants en 1900 ! C’est le Comité de Défense et de Sauvegarde (porté par la famille Thibaut) et le coup de cœur d’Édouard Herriot qui ont sauvé ses 80 monuments historiques, devenus depuis un décor fétiche pour le cinéma de cape et d’épée. Et devinez à qui l’on doit la fameuse recette de la galette au sucre en 1921 ? À Marie-Louise Thibaut ! En fine stratège, elle a imaginé cette douceur pour inciter les premiers automobilistes lyonnais à faire étape ici. Pari gagné.
La halte culturelle : Le Musée du Vieux Pérouges
Installé dans la Maison des Princes, le Musée du Vieux Pérouges dévoile des collections historiques fascinantes, allant des armures d’époque aux objets de la vie quotidienne des tisserands. La visite permet également d’accéder au jardin horticole médiéval et de monter à la tour du guet pour profiter d’un panorama exceptionnel sur la plaine de l’Ain et tout le village.

Tout au long de l’année, le musée accueille des expositions temporaires mettant en lumière des artistes locaux ou des thématiques patrimoniales originales qui enrichissent la visite.
Lors de notre visite nous avons découvert les œuvres colorées de Pierre Barillot.
Nuit design chez MiHotel et dîner « comme à l’époque »
MiHotel, la marque lyonnaise qu’on aime tant pour ses suites ultra-stylées et autonomes, vient de poser ses valises à Pérouges.
L’alliance entre les vieilles pierres chargées d’histoire et une décoration contemporaine, chaleureuse et d’une propreté irréprochable offre un confort total. C’est le cocon parfait pour décompresser et se reposer après une journée de découverte.
Passer la nuit au cœur du village silencieux après en avoir appris autant sur son histoire est une expérience privilégiée.

Pour le dîner et le petit-déjeuner, direction l’Hostellerie de Pérouges, une institution tenue par la famille Thibaut, qui est en quelque sorte la gardienne du temple de la cité.
Côté assiette, la tradition est à l’honneur avec une pointe de modernité, sublimant des produits nobles, locaux et savoureux. En salle, le service peut paraitre peu chaleureux, mais nous avons apprécié la généreuse part de galette tiède servie avec sa louche de vraie Crème de Bresse AOP. Le petit-déjeuner, quant à lui, propose une formule simple mais dans un cadre authentique au charme incomparable.


Petit déjeuner – Restaurant l’Hostellerie de Pérouges – ©️Girls Take Lyon
L’avis de la Rédac’ : pourquoi il faut absolument y retourner sous un œil différent
Ce mini-séjour aux portes de Lyon nous a prouvé que Pérouges a bien plus à offrir qu’une simple balade d’une heure. C’est en y passant la nuit que l’on capte véritablement l’âme de la cité et le calme magique de ses ruelles une fois le soleil couché. Entre l’expérience artisanale chez Amarande, la richesse culturelle du musée et de la visite guidée et le cocon contemporain de MiHotel, c’est le combo parfait pour un break culturel et créatif dans l’Ain.
Organiser son séjour à Pérouges
Comment se rendre à Pérouges ?
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En voiture : depuis Lyon ou Genève, autoroute A42 (sortie Meximieux-Pérouges). Des parkings payants sont aménagés au pied de la cité (le stationnement est strictement interdit à l’intérieur du site historique).
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En train : gare TER de Meximieux-Pérouges (à 20 min de Lyon Part-Dieu). Comptez 20 minutes de marche jusqu’à la cité médiévale ou empruntez la navette locale.
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En bus : lignes du réseau car.Region.auvergnerhonealpes.fr au départ de Lyon.
Informations pratiques – Visite et activités à Pérouges
- Atelier Amarande : à Meximieux, ateliers créatifs sur réservation (à partir de 50 €).
- Visite guidée & Musée : visite guidée Pérouges : Office de tourisme de Pérouges ( à partir de 5€)
- Où manger ? restaurant l’Hostellerie de Pérouges
- Où dormir : Mi-Hotel Pérouges / Suite digitale, à partir de 98 €
- Toutes nos idées de sorties dans l’Ain, à quelques minutes de Lyon.
Information et Transparence : Cet article a été rédigé à la suite d’un voyage de presse sur invitation de l’Office du Tourisme de l’Ain. Comme toujours sur Girls Take Lyon, notre plume reste libre et notre regard indépendant. Si nous vous partageons ces adresses et ce court séjour proche de Lyon, c’est parce que notre test sur le terrain s’est révélé concluant, que nous avons eu de vrais coups de cœur authentiques et que nous croyons à la valeur de ces expériences pour vos prochains week-ends !






©️Girls Take Lyon




