Je vous emmène aujourd’hui en Isère, à 1h30 de Lyon. Direction le pied du Vercors, un territoire regorgeant de pépites et de trésors, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Principalement concentrés autour de Saint-Marcellin, je vous partage mes coups de cœur dans ce périmètre.
Une destination idéale pour un week-end micro aventure autour de Lyon, une itinérance à vélo sur la Belle Via, ou un plus long séjour. Surprenante par la richesse de ses traditions et savoir-faire, ses bonnes adresses, et ses curiosités naturelles.
Bref, le plan parfait pour « revenir à l’essentiel » si vous êtes à la recherche de dépaysement tout proche de Lyon. Je vous laisse piocher dans ces propositions d’activités, de visites et adresses, en espérant que vous y trouverez votre bonheur.
Bon plan #1 : La plupart de ces adresses sont accessibles en suivant cette boucle à vélo à partir de la gare de Saint Marcellin.
Bon plan #2 : Complétez votre programme avec un peu de street-art !
Architecture et patrimoine à Saint-Marcellin et ses environs
Saint-Antoine-l’Abbaye
Qu’est-ce qui a rendu Saint-Antoine-l’Abbaye si célèbre ?
Difficile de ne pas commencer cette sélection par Saint-Antoine-l’Abbaye. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, il a été élu Village Préféré des Français en 2025.
Le lieu est chargé d’Histoire et de trésors. C’est en effet ici, dans ce petit bourg de la « Motte-aux-bois », que les reliques de Saint-Antoine le Guérisseur y sont ramenées au 11ème siècle. À partir de cet événement, tout s’accélère. L’Ordre hospitalier de Saint-Antoine, réputé comme soigneur du « mal des ardents », s’y installe au 13ème siècle. Il fait alors de cette bourgade, un lieu de pèlerinage important. Malades, pèlerins, monarques et puissants de toute l’Europe s’y retrouvent.
Aujourd’hui encore, de nombreux témoignages architecturaux de ce passé prestigieux sont présents. Ici, ce ne sont pas les traboules dont est parsemé le village mais les « goulets » !

Comment découvrir Saint-Antoine-l’Abbaye ?
Pour découvrir Saint-Antoine-l’Abbaye, plusieurs options sont possibles :
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En autonomie et gratuitement : munissez-vous de votre smartphone et suivez le parcours proposé ici. 13 arrêts avec points d’intérêt et principaux lieux à ne pas manquer.
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En visite guidée sous 3 formats différents : « visite du village » (juin à septembre), « visite théâtralisée » ou « visite de l’église abbatiale et son trésor » (avril à septembre). Le jour de ma visite, c’est cette dernière option qui était disponible. Et j’ai A.DO.RÉ. Notre guide était absolument géniale. Et on parcourt en fait toute l’histoire du village, pas seulement celle de l’église. Et le must, la découverte du trésor des Antonins, accessible uniquement avec un guide de l’Office de Tourisme. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher le suspens…
Ne manquez pas de passer également par le musée de Saint-Antoine. Il est gratuit comme tous les musées municipaux en Isère. Dédié aux Hospitaliers de Saint-Antoine, aux parfums thérapeutiques et à l’histoire des jardins, c’est pa.ssio.nant (attention, fermeture le mardi).
En complément de la visite du village, plusieurs balades sont possibles dont certaines permettent de prendre de la hauteur pour découvrir la mignonne chapelle Saint-Jean-le-Fromental et revenir en empruntant le chemin des pèlerins.

Le Bateau Ivre
À contrario de Saint-Antoine-l’Abbaye, le Bateau Ivre est beaucoup moins connu… et pourtant. C’est également une pépite, d’une inestimable valeur.
Le Bateau Ivre est une maison remarquable datant de 1956 située à Saint-Marcellin. Un bijou d’art et d’architecture issu de l’imagination de 3 artistes : le sculpteur Pierre Székely, la céramiste Vera Székely et le peintre André Borderie. Ensemble, ils conçoivent pour les propriétaires du terrain un lieu ultra avant-gardiste concentrant leurs plus belles collaborations et créations.
Toiture, mobilier, fenêtre, céramique, tapisserie,… chaque pièce représente ce qui pouvait se faire de mieux dans les années 50. Une maison « œuvre d’art » à l’architecture « biologique » (on vous laissera découvrir sur place de quoi il s’agit pour ne pas trop en révéler), qui sera habitée de 1956-2021.
Désormais inscrit aux Monuments Historiques, le projet est aujourd’hui de le transformer en un lieu vivant avec exposition, résidences artistiques, création et formation. Et peut-être même d’y proposer un Airbnb insolite.
➡ Suivez la page et les actualités des Amis du Bateau Ivre pour vous tenir au courant des prochaines visites guidées et ouvertures de la maison.
Un appel aux dons est d’ailleurs en cours via la Fondation du Patrimoine pour financer la rénovation de son toit.

Saint-Marcellin et ses trésors naturels
Le territoire de Saint-Marcellin bénéficie également de conditions géologiques, climatiques et naturelles exceptionnelles.
Le Jardin des Fontaines Pétrifiantes
Au Jardin des Fontaines Pétrifiantes, c’est l’eau qui y jaillit qui est « magique » ! Chargée de calcium, elle pétrifie tout ce qu’elle touche : aussi bien les végétaux, que les roches, ou même les objets ! Ce « jardin remarquable » a donc été aménagé autour cet élément omniprésent.
On progresse entre fleurs et végétaux du monde entier, en cohabitation avec des aménagements artistiques et de drôles d’objets détournés. Le parcours se veut également ludique, avec des petits jeux de reconnaissance du chant des oiseaux, ou d’odeurs. Et, mon préféré : le sentier pieds dans l’eau !

Le lieu invite vraiment à la détente, à ralentir, déambuler, se poser. Et observer chaque recoin pour en capter tantôt les touches de poésie, tantôt les touches d’humour. En finissant par la cave de pétrification, on peut admirer la magie opérer et les minuscules cristaux de calcite se poser sur différents objets grâce au passage de l’eau.
➡ Des visites guidées sont proposées par les jardiniers, consultez les horaires pour repérer le prochain créneau.

La Belle Noix
La noix, une affaire familiale
À Saint-Marcellin, on se trouve également au cœur de la culture de la noix (ou « nuciculture »), de l’AOP noix de Grenoble notamment. C’est d’ailleurs une vraie star qui est désormais fêtée au mois de juin, aux côtés du fromage Saint-Marcellin !
Nous avons de notre côté visité la Belle Noix, une exploitation nucicole familiale installée dans une ferme datant de 1801. Cette adresse a la particularité d’abriter à la fois la production et la transformation des noix. Le tout sous la certification Agriculture Biologique.
La noix est ici une affaire de famille ! La production, c’est la mission de Ludovic. Il entretient les noyeraies tout au long de l’année. Il supervise la récolte, puis casse, trie, et prépare les noix. Dorothée gère quant à elle la transformation des cerneaux de noix en produits gourmands. Des chouchous, à la pâte à tartiner, en passant par les cookies, les cerneaux apéritifs, les tartinades… C’est elle qui met au point les recettes et qui les réalise sur place. Séverine propose de son côté du pressage à façon grâce à son Moulin La Belle Huile.
Le lieu idéal pour en apprendre plus sur la noix de Grenoble
La passion, l’envie de partager et de faire connaître leur métier a conduit l’équipe à mettre en place des visites audio-guidées autonomes de la ferme. Équipés d’une tablette, nous nous sommes baladés pour suivre le parcours de la noix : du champ jusqu’au moulin à huile, en passant par le lavage, le séchage, le calibrage, le tri et le cassage. L’occasion également de jeter un coup d’œil à l’atelier de transformation. N’hésitez pas en fin de visite à tester les produits de la boutique pour repartir avec votre stock de noix !
La visite est très intéressante et permet de mieux comprendre le cycle de ce fruit à coque, de prendre conscience de tout le travail nécessaires à l’obtention de beaux cerneaux de noix, et de découvrir les spécificités de l’AOP noix de Grenoble. C’est aussi une sensibilisation aux challenges auxquels sont confrontés les producteurs en agriculture biologique : alternatives aux désherbants chimiques, lutte contre les nuisibles, réduction de la consommation en eau, réutilisation des déchets pour chauffer les bâtiments et sécher les noix,…
Bons plans : La Belle Noix propose également des Soirées Gourmandes sous les noyers les jeudis soirs en été comprenant 1h de visite + 1 heure d’apéritif dinatoire.
Un jeu de piste à faire en famille ou entre amis, est également disponible sur réservation.
Enfin, la Belle Noix accueille les camping-caristes en proposant jusqu’à 3 emplacements au bord d’un de leurs champs de noyers !

Saint-Marcellin, ses passionné.e.s et leurs savoir-faire
Se lancer à la découverte des traditions et savoir-faire du territoire de Saint-Marcellin, c’est l’assurance de rencontrer des passionné.e.s et de tomber nous-mêmes en admiration devant des pépites.
Le Jardin Ferroviaire et Musical
L’histoire du jardin ferroviaire
Lorsque l’on traverse la petite ville de Chatte, on ne se doute par exemple absolument pas de ce qui se cache derrière les murs du 26 route de Lyon… L’un des plus beaux et grands réseaux ferroviaires miniatures en plein air d’Europe.
Un lieu atypique, créé par Christian Abric en 1982. De simples rails et trains miniatures installés dans son jardin à l’origine. Qui, en 1986, donnent naissance à un projet beaucoup plus fou : celui de tout quitter pour se dédier à sa passion et de faire de ce lieu un « jardin ferroviaire » ! Après des années de travaux pour y installer reliefs, végétations et réseaux ferroviaire, l’équilibre est trouvé. La taille « à la japonaise » confère aux arbres des aspects de miniature qui se fondent parfaitement dans le décor.

Aujourd’hui, le circuit compte 30 trains en circulation simultanée qui roulent pendant près de 10h par jour sur plus d’1km de rails. Une prouesse technique pour des trains destinés à n’être initialement « que des jouets mis en vitrine ». Un challenge relevé par une équipe ultra polyvalente et rigoureuse : lutte contre l’oxydation naturelle, la dilatation des rails, les feuilles et branches qui font dérailler les trains… L’attention portée aux moindres détails est constante, et un travail de toutes les minutes et de tous les jours !
Le jardin ferroviaire : une visite qui peut durer des heures !
Depuis presque 10 ans, l’équipe profite de la saison d’hiver pour travailler sur l’impression 3D de petits personnages. Des centaines de célébrités, personnages de cinéma et de série, historiques qui ont été installés dans plein de recoins. Saynètes insolites, clins d’œil culturels, enseignes commerciales détournées,… Je vous conseille de vraiment prendre votre temps pour profiter de tous ces petits détails auxquels l’équipe a pensé. On pourrait y rester des heures.
C’est d’ailleurs un des fils directeur de la visite. Vous pouvez partir à la recherche de toute une liste de personnages. Ou bien, retrouver un même personnage (Stitch le jour de ma visite !) caché un peu partout sur le parcours et la lettre dissimulée sur chacune de ses apparitions. On vous prévient, c’est franchement pas simple du tout. Et ça tient en haleine petits et grands !
Depuis 2019, une partie « jardin musical » a été ajoutée avec plein d’instruments XXL faits maison. Elle apporte aux enfants la possibilité de toucher, taper,… Ce qui n’est pas permis côté jardin ferroviaire.

La Galicière
Un ancien site industriel qui vaut le détour
Ancienne usine de moulinage de la soie datant de la fin du 18ème siècle et inscrite au titre des Monuments Historiques, la Galicière est un lieu absolument privilégié. D’abord, car cet ensemble industriel de 10 bâtiments regroupe à lui seul toutes les étapes de fabrication des fils de soie. De l’élevage des vers à soie, au moulinage (tordre sur lui-même un fil pour « typer » le fil). Alors que traditionnellement, ces opérations étaient dispersées sur plusieurs sites.

Ensuite, parce qu’elle conserve encore secrètement et précieusement toutes ses machines datant de la fin du 18ème siècle/début du 19ème siècle. Et elles sont nombreuses, car en 1870, la Galicière occupait le troisième rang des entreprises de moulinage de l’Isère par l’importance de ses équipements. Établis, banques de dévidage, moulins à retordre… tout a été laissé en place et en état suite à la fermeture de l’usine dans les années 1930 ! Un patrimoine classé au titre des Monuments Historiques, qui n’existe nulle part ailleurs.



La Galicière aujourd’hui
Restée dans la famille Crozel pendant plus de deux siècles, elle est reprise par un couple d’architectes défenseurs du patrimoine, Nadia et Jean-Pascal, en 1997. En 2020, l’association des Amis de la Galicière est née pour les soutenir dans la sauvegarde et la valorisation du site. Elle organise des manifestations culturelles, expositions, spectacles, ateliers et des visites guidées. Depuis la création de l’association, c’est d’ailleurs Nadia elle-même qui endosse la casquette de guide.
Le couple, qui apprécie accueillir et recevoir, a aussi transformé une partie de leurs bâtiments en chambre d’hôte avec 2 suites décorées avec goût. Une douce parenthèse insolite que je vous recommande.
➡ Suivez la page et les actualités des Amis de la Galicière pour vous tenir au courant des prochaines visites guidées et ouvertures.
Un appel aux dons est d’ailleurs en cours via la Fondation du Patrimoine pour financer la rénovation de la Filature. Le projet est d’y installer un Centre d’interprétation. Il regrouperait archives, documents et effets personnels de la famille ayant dirigé les fabriques ! Et plus généralement l’histoire de la production de soie en Dauphiné.

Où dormir ?
Les Granges du Fournel : une parenthèse slow tourisme face au Vercors
Encore une adresse coup de cœur à découvrir sur le territoire autour de Saint-Marcellin ! Direction cette fois-ci les hauteurs de Saint-Lattier pour une parenthèse de déconnexion et de reconnexion à soi aux Granges du Fournel.
Avec ses 3 gîtes (4 ou 3 personnes), sa chambre d’hôte et son lodge avec espace de méditation (2 personnes), on peut venir pour un simple week-end, ou pour plus longtemps ! Chacun des logements inclut un accès à la piscine et aux espaces de jardins partagés.
Un séjour nature et bien-être orchestré par Véronique, thérapeute, coach, praticienne en shiatsu et en méditation. Voyages sonores (bols tibétains et gong), shiatsu, yin et raja yoga… n’hésitez pas à discuter avec Véronique pour prévoir la séance de relaxation qui vous correspondra au mieux.
Bref, le camp de base idéal pour se ressourcer et/ou découvrir la région !

Où manger ?
La Tarte à Fat
On ne pensait pas trouver de telles bonnes adresses « hors grosses agglomérations », mais Fatiha nous a prouvé que nous avions tort ! La Tarte à Fat réunit tout ce qu’on adore : de la couleur, des saveurs, des textures, de la générosité, de la créativité, des produits locaux et de saison… Le tout, en proposant une cuisine végétarienne !
Le concept de ce restaurant installé à Chatte repose sur l’assemblage de grandes assiettes gourmandes. Toutes les semaines, Fatiha imagine un assortiment d’accompagnements qui constitueront la base de chacune des assiettes. Elles sont ensuite garnies soit de gratins (de ravioles ! ou gratiné de crozets au Saint Marcellin par exemple), de tartine, de poêlée, de nouilles… ou de la fameuse « tarte à Fat » que je vous recommande !
➡ Ouvert les midis du mardi au samedi, et vendredis/samedis soirs.

Vous l’aurez compris, Saint-Marcellin est une destination idéale si vous êtes à la recherche de dépaysement tout proche de Lyon. Et ceci n’est qu’un petit aperçu de toutes les pépites à découvrir sur ce territoire !
Information et Transparence : Cet article a été rédigé à la suite d’un voyage de presse sur invitation de l’Office du Tourisme de Saint Marcellin Vercors Isère. Comme toujours sur Girls Take Lyon, notre plume reste libre et notre regard indépendant. Si nous vous partageons ces adresses et cette idée de séjour proche de Lyon, c’est parce que notre test sur le terrain s’est révélé concluant. Que nous avons eu de vrais coups de cœur authentiques. Et que nous croyons à la valeur de ces expériences pour vos prochains week-ends !
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