Découvrez depuis le 18 avril 2025 Amazonies, la nouvelle exposition temporaire du musée des Confluences.
En préparation depuis 2018, après diverses missions de terrain et des années de travail conjoint avec les représentants de trois villages, Amazonies s’installe à Lyon jusqu’au 8 février 2026.
S’éloigner des clichés pour découvrir « les Amazonies »
Si l’exposition s’ouvre sur l’image qu’on a tous en tête en entendant le mot « Amazonie », elle nous amène rapidement à déconstruire le cliché de forêt vierge, hostile et inhabitable, que l’on pourrait avoir face à ces étendues immenses d’eau et de forêt.
Cette exposition met en lumière la diversité présente sur ce territoire, donc loin des clichés de « forêt vierge et impénétrable ». Elle a été élaboré en collaboration étroite avec les représentants de quatre peuples de l’Amazonie brésilienne : Ashaninka, Mebêngôkre (Kayapo), Wayana et Apalaï.
Cet immense territoire, avec neuf pays frontaliers, est multiple et c’est pour souligner cela que le titre de l’exposition a ajouté un S à Amazonie.
Cette introduction nous fait faire un bond dans le temps, avec des découvertes archéologiques : des peintures rupestres datant de 12 500 avant notre ère, des céramiques de 5000 avant notre ère, ainsi que des modifications des paysages, avec le développement de l’agriculture mais également des géoglyphes.
Si on sait actuellement que ces territoires sont habités, on découvre avec le début de l’exposition que c’est le cas depuis des milliers d’années !
On retrouve dans cette partie dédiée aux langages, l’œuvre de Daiara Tukano. En 2022 proposait une représentation des langues parlées au Brésil, regroupées en famille et présentées sous forme d’arbre.

Immersion dans les villages de chaque représentant.e
Il s’agit de ceux des trois porte-paroles ayant contribué à sa création : on débute avec Motukôre, où le représentant Bepkamrek Kayapo est le mari de la cheffe du village, Nhakti Kayapo. Ils sont membre du peuple Mebêngokre. Direction ensuite Suwi-suwiimë et Jolokoma où se trouvent les peuples Wayana et Apalai, et dont le représentant pour cette exposition est Alinawale Wayana. Enfin, ce tour des villages s’achève avec Apitxa, le village peuplé d’Ashaninka où la représente Shâtsi Piyâko est la fille du chef du village.

Une exposition bien construite et immersive
Le schéma se répète afin que le visiteur prenne ses repères et retrouve le même type d’informations à chaque fois. Une carte géographique, un objet typique et surtout un mot du référent partenaire du musée nous accueille sur le seuil de cette « porte d’entrée ». Chaque salle s’est inspirée de l’architecture vernaculaire, afin d’offrir une déambulation immersive au visiteur.
De nombreux éléments sont présents, essentiels pour découvrir la culture de chacun de ses peuples. Mythe fondateur et croyances, type d’agriculture, us et coutumes, artisanat local et de spécialité, répartition des activités au sein de la société,… Chaque salle est un concentré d’informations et de découvertes !
Je ne vais pas en dévoiler plus pour cette partie, pour vous laisser le plaisir de la découverte de chacun de ses peuples et de leurs villages ! Sachez que dans toute l’exposition, ce sont plus de 250 objets qui sont présentés. De nombreuses photos et vidéos accompagnent les objets exposés, ce qui permet de voir en action l’expertise de la personne ayant confectionné l’objet se trouvant sous nos yeux !
Cette présentation peut donner une impression d’imperméabilité à ce qui ce passe au delà des villages, mais cette idée disparaît très vite avec la fin de l’exposition. Si les savoir-faire et croyances ancestrales sont transmises et préservées, la modernité et la globalisation sont également bien présents dans leur quotidien. Nombre d’habitants se rendent fréquemment en ville, que ce soit pour des besoins ponctuels ou plus longs, comme pour l’obtention d’un diplôme. Des regroupements en coopératives sont faits pour permettre des échanges de biens, des associations et des fondations sont montées pour défendre ses droits. La FUNAI notamment, la Fondation Nationale des Peuples Indigènes.
Une diversité en danger
La fin de l’exposition se concentre sur les luttes des autochtones sur les enjeux identitaires et environnementaux.
Les amérindiens d’aujourd’hui sont confrontés à de nombreuses discriminations, au racisme et au non respect de leur territoire ancestral, entre autres. C’est pourquoi ils sont nombreux aujourd’hui à utiliser les réseaux sociaux ou à réaliser des films documentaires, pour donner une visibilité à leurs existences en danger ainsi que leurs luttes.
On le sait, la déforestation de l’Amazonie est un sujet grave et important. Mais d’autres activités industrielles y sont présentes, pour l’extraction des minerais, l’exploitation de l’eau,… En effet, l’Amazonie représente actuellement 20% de l’eau douce sur Terre. Et ces dernières années, des décisions politiques locales ou à plus grande échelle, vont à l’encontre des luttes de protection des terres ancestrales de nombreux peuples et de préservation de la forêt amazonienne.
Aujourd’hui l’activité humaine, l’exploitation des ressources naturelles, ainsi que le changement climatique, mettent en danger ces villages, l’écosystème de l’Amazonie et bien au delà, de notre planète, car rappelons que l’Amazonie est « le poumon de la Terre » !
La représente du peuple Ashaninka, Shâtsi Piyâko, était présente à la visite à laquelle j’ai eu la chance d’assister. Elle lutte au quotidien pour ces enjeux de préservation, pas seulement de son mode de vie, mais aussi de toute la forêt, et par extension pour la planète. Elle appelle à une prise de conscience collective sur ces sujets importants. Comme elle le rappelle « Si la forêt meurt, nous mourons tous« .
Infos pratiques – Amazonies – Musée des Confluences :
Amazonies, à voir du 18 avril 2025 au 8 février 2026.
Musée des Confluences, 86 Quai Perrache 69002 Lyon.
Plus d’informations sur le site du musée.
Il est encore temps de découvrir Le temps d’un rêve, En forêt, et Trop forts! : les autres expositions temporaires du Musée.
Crédits Photo : ©️Girls Take Lyon et ©️Musée des Confluences
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